Arts : pratiques et poétiques
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Observatoire des mutations esthétiques : Intelligence artificielle, création et recherche : mutations des savoirs et des pratiques

SEMINAIRE DE RECHERCHE BI-ANNUEL Arts : pratiques et poétiques sous la direction de Clarisse Bardiot, professeure études théâtrales et Victor Barbat maître de conférences en histoire du cinéma
 

Nuage de photos

L'intelligence artificielle traverse aujourd'hui l'ensemble des champs de la création et de la recherche, redessinant en profondeur les conditions de production des œuvres, des savoirs et des pratiques. L'IA s'est installée dans les studios, les laboratoires, les bibliothèques, les salles de répétition, transformant de l'intérieur les gestes du chercheur comme ceux de l'artiste. Comment penser ces mutations sans céder ni à l'enthousiasme technophile ni au réflexe critique convenu ? Quels nouveaux objets, quelles nouvelles méthodes, quelles nouvelles questions l'IA rend-elle possibles dans les arts et dans leur étude ? Comment les institutions culturelles,
les plateformes de recherche et les scènes artistiques négocient-elles, chacune à leur manière, ce tournant computationnel ? Pour répondre à ces questions, cette journée de séminaire réunit des chercheurs, des artistes et des professionnels.

Programme

Temps 1 - Retour d’expérience de la BnF

11h > Présentation générale du séminaire / Antony Fiant, directeur de l’Unité de Recherche Arts : pratiques et poétiques.

11h15 > Jean-Philippe Moreux, chef de mission IA, Bibliothèque nationale de France IA et images : « retour d'expérience de la BnF ». Modération : Clarisse Bardiot

La Bibliothèque nationale de France (BnF) développe depuis plusieurs années des applications de l’intelligence artificielle pour valoriser, analyser et enrichir ses collections numériques. Son retour d’expérience met en lumière l’usage de techniques d’IA pour la reconnaissance de l’écriture, la classification documentaire, l’indexation automatique et l’exploration de corpus patrimoniaux à grande échelle. Ces travaux s’inscrivent à la fois dans des projets internes d’amélioration des services documentaires et dans des programmes de recherche menés avec des laboratoires et équipes en sciences humaines et sociales. Les collaborations au cœur de cette présentation ont permis d’expérimenter de nouvelles méthodes d’analyse des textes, images et données culturelles tout en répondant aux exigences de qualité scientifique, de transparence et de préservation du patrimoine. L’expérience de la BnF souligne l’importance d’une approche interdisciplinaire associant experts métiers, chercheurs et spécialistes de l’IA majoritairement occidentalisé. 

12h > Remarques et questions

  • 12h30 > Pause déjeuner

Temps 2 - L’IA et la recherche en arts (14h-15h30)

14h-14h20 - Nicolas Thély (Université Rennes 2), « La critique n'est pas aisée »

Robots, agents conversationnels, environnements intelligents, clichés photographiques, réalisations cinématographiques, etc. : depuis une trentaine d’années, le bestiaire des œuvres d’art et des dispositifs intégrant l’IA s’enrichit continuellement de propositions singulières et exemplaires. En France, les expositions Artistes & Robots (Grand Palais, 2018) et Le monde selon l’IA (Jeu de Paume, 2025) ont, plus ou moins, rendu compte de ces innovations artistiques. Cependant, la question de l’art et de l’IA, telle quel est soulevée par le cadre de ce séminaire, interroge aussi bien l’esthétique que la philosophie de l’art. Elle concerne en effet la réception critique des œuvres mais également l’analyse et l’étude des œuvres héritées (qu’elles soient non numériques mais numérisées, ou nativement numériques) où l’IA et les LLM peuvent intervenir dans les modes de fréquentation et de mise en relation. Je propose d’aborder ces enjeux de réception et d’analyse des œuvres à partir de l’apport de "l’esthétique minimale" proposée par Jean-Pierre Cometti dans ses derniers ouvrages.

14h30-14h50 - Jules Lableiz (Université Rennes 2), « Penser la division du travail des comédien·nes hollywoodien·nes à l’aune de l’utilisation des IA »

Depuis le début des années 2020, les intelligences artificielles dites « génératives », ainsi que les possibilités de création quasi instantanées qu’elles offrent, font l’objet de vives critiques de la part d’une partie, voire de la majorité, des commentateur·rices et professionnel·les des industries cinématographiques. Ces préoccupations s’expliquent notamment par le fait que, comme dans d’autres secteurs artistiques ou industriels, l’utilisation des IA soulève la crainte du remplacement des travailleur·euses humain·es par la machine. Or, comme souvent, les premiers métiers concernés par les transformations structurelles de l’industrie – aujourd’hui principalement liées à l’utilisation des IA – sont les moins visibles et/ou les plus précaires, ceux dont les représentant·es peinent à se faire entendre. La hiérarchie qui prédomine dans une structure industrielle comme celle d’Hollywood, se trouve ainsi actualisée, voire renforcée, par l’usage croissant des IA génératives. Dès lors, si nous nous intéressons à l’impact structurel et esthétique de l’utilisation des IA par l’industrie hollywoodienne contemporaine, nous nous pencherons néanmoins plus particulièrement, dans cette communication, sur celui qu’elle exerce sur l’un des corps de métier les plus visibles du cinéma : celui des comédien·nes.

15h-15h20 - Clarisse Bardiot et Giacomo Alliata (Université Rennes 2), « Comment lire 2000 programmes et regarder 400 000 images ? »

Impossible pour un chercheur de lire deux mille feuilles de salle ni de regarder quatre cent mille photographies une à une. Ce seuil quantitatif, que rencontre aujourd'hui quiconque travaille sur les traces numériques d'une institution culturelle ou d’un événement (ici, celles du Festival d'Avignon), oblige à réinventer les gestes mêmes de la lecture et du regard. Comment articuler l'automatisation et l'interprétation, la vue d'ensemble et le détail, la donnée et le geste critique du chercheur ?

En évoquant les premiers résultats du projet ERC From Stage to Data, cette intervention interroge ce que l'intelligence artificielle rend possible. Les méthodes computationnelles permettent en effet d’explorer des corpus longtemps illisibles par leur seule ampleur et d’ouvrir ainsi sur de nouvelles questions de recherche en études théâtrales, tant en histoire qu’en esthétique. Nous conclurons par une brève présentation de la plateforme Arvest, environnement d'annotation multimodal pensé pour la recherche sur et à partir des traces numériques.

  • 15h30 > Pause

Temps 3 - Table ronde sur les impacts de l’IA dans la création artistique (16h-17h30)

Avec Liz Santoro, compagnie Le principe d'incertitude ; Camille Campion, directeur pédagogique et des RP de l’école d’animation 3D Creative Seeds ; Jérôme Nika, chercheur et musicien, IRCAM ; Kasper T. Toeplitz, compositeur et musicien, Art Zoyd Studios. Modération : Clarisse Bardiot et Victor Barbat
 

Nuages de photos. Séminaire de recherche bi-annuel Arts : pratiques et poétiques ObservatoireMutations Esthétiques des (musique, théâtre, cinéma, arts plastiques, littérature) Vendredi 4 septembre 2026 Campus Villejean, bât. B, amphi B8 Organisé par Clarisse Bardiot et Victor Barbat
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